Bibliothèque de la santé génésique de l'OMS

L. Cheng, A.M. Gülmezoglu, E. Ezcurra, P.F.A. Van Look. Interventions for emergency contraception (Cochrane Review). In: The Cochrane Library, Issue 4, 2002. Oxford: Update Software Ltd.

Interventions concernant la contraception d'urgence

Commentaire BSG: Suneeta Mittal


La référence de ce document est la suivante: Mittal S. Interventions for emergency contraception: RHL commentary (last revised: 11 November 1999). WHO Reproductive Health Library, No 6, Geneva, World Health Organization, 2003 (WHO/RHR/03.5).

1. LA REVUE "COCHRANE"

1.1. Résultats principaux de la revue "Cochrane"

Cette revue a analysé les données de 15 études portant sur les méthodes de contraception d'urgence, qui incluaient les oestrogènes fortement dosés, le régime de Yuzpe (oestrogènes + progestérone), la progestérone seule (levonorgestrel), le danazol, la mifepristone à des doses variables, et la mifepristone associée à l'anordrin. Des évaluations comparatives de différentes interventions ont montré que le levonorgestrel et la mifepristone étaient d'une plus grande efficacité et avaient peu d'effets secondaires par rapport au régime de Yuzpe et au Danazol. Le régime de Yuzpe, le Danazol et le levonorgestrel n'ont pas eu d'effets significatifs sur le cycle menstruel. La mifepristone à faible dose (10mg) était plus efficace que le levonorgestrel. Mais elle était associée à une incidence plus élevée de retard menstruel, effet qui était encore davantage prononcé à forte dose (>50mg) et à dose moyenne (25-50mg) de mifepristone, bien que l'efficacité de chacun des trois dosages ait été égale. Trois cas de grossesses ectopiques ont été constatés à la suite de l'utilisation de la mifepristone. Le fait d’ajouter l'anordrin à la mifepristone a augmenté les effets secondaires sans modifier l'efficacité.

1.2. Méthodologie de la revue "Cochrane"

La revue a examiné des études quasi-randomisées et randomisées portant sur la contraception d'urgence, en rendant compte des résultats cliniques, à savoir l'efficacité (nombre de grossesses) et les effets secondaires. Outre la comparaison des différents protocoles, d'autres facteurs affectant le succès de la contraception d'urgence, par exemple l'intervalle entre le traitement et le coït et l’état de risque des femmes ont également été évalués. La revue est non-biais et exhaustive.

2. PERTINENCE POUR LES ZONES A FAIBLES RESSOURCES

2.1. Importance du problème

Bien que plusieurs techniques contraceptives soient disponibles en Inde, le taux de protection des couples (41%) reste insatisfaisant. La plupart des personnes sont ignorantes, timides ou ne désirent pas utiliser une contraception sur le long terme par peur des effets secondaires (particulièrement pour la pilule et le dispositif intra-utérin), ou n'aimeraient pas utiliser une méthode liée au coït (méthodes de barrière). Les grossesses non désirées et non planifiées sont courantes. Selon l'Enquête Nationale pour la Santé Familiale (1995), 78% des grossesses en Inde ne sont pas planifiées et au moins 25% de celles-ci ne sont pas désirées. 11 millions d'avortements ont lieu chaque année et au moins la moitié de ceux-ci sont peu sûrs, contribuant ainsi aux taux élevés de morbidité et de mortalité maternelles. Chaque année, approximativement 20 000 femmes meurent à la suite de complications liées à l'avortement. Celles-ci peuvent être évitées dans une large mesure par l'utilisation opportune de la contraception d'urgence.

2.2. Faisabilité de l'intervention

La contraception d'urgence est potentiellement une méthode efficace et facile de prévention de la grossesse à la suite de rapports sexuels non protégés. Ce potentiel ne peut être pleinement utilisé que si les femmes sont au courant de l'existence de cette méthode et de son utilisation dans le court laps de temps de son efficacité. Cette prise de conscience est pratiquement inexistante en Inde. Une enquête sur 2000 femmes fréquentant le département de gynécologie de l’institut de sciences médicales de l'Inde, à New Delhi, a révélé que seulement 6% de femmes étaient au courant de la possibilité de recourir à une contraception d'urgence. Aucune, cependant, ne connaissait vraiment les méthodes, la durée de leur utilisation et leur disponibilité (données personnelles). Ainsi, l'étape la plus importante consiste à augmenter la prise de conscience sur la contraception d'urgence. Ce serait applicable à plusieurs pays en développement.

2.4. Mise en œuvre de l'intervention

La contraception d'urgence est un concept plutôt inconnu en Inde et probablement dans plusieurs autres pays en voie de développement. Pour le moment, en Inde, il n'y a aucun produit enregistré pour la contraception d'urgence. Il n'y a aucune politique du gouvernement à ce sujet et très peu d'informations y relatives sont disponibles à la fois pour les professionnels de santé et pour les potentielles utilisatrices. Par conséquent, il n'y a aucun service de santé fournissant de telles méthodes. Plusieurs questions devront être abordées avant que la contraception d'urgence puisse être introduite dans un pays comme l'Inde. Parmi celles-ci, on peut relever le choix du médicament, la distribution du protocole, l'information de la patiente, ainsi que la consultation et la formation des fournisseurs de soins.

2.5. Recherche

Pour définir une politique, il est nécessaire de mener des études de grande envergure, afin de déterminer l'efficacité et la faisabilité de l'utilisation de la contraception d'urgence au niveau périphérique dans les pays en voie de développement. Des études sont également nécessaires pour évaluer la dose optimale de mifepristone et le risque de grossesse ectopique lié à son utilisation.

Sources de soutien: aucune

Remerciements : aucun

Références:

1. International Institute for Population Sciences (IIPS). National Family Health Survey (MCH and Family Planning, India, 1992-93. Bombay; IIPS 1995.

Traduction française: Fondation Genevoise pour la Formation et la Recherche Médicales.


 
Web www.gfmer.ch

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Edité par Aldo Campana,