Médecine de la reproduction, endocrinologie gynécologique
Hyperprolactinemia, galactorrhea : Guidelines, reviews

Hyperprolactinémie

Hyperprolactinémie et fonction ovarienne

L'association aménorrhée-galactorrhée représente le tableau clinique le plus classique de l'hyperprolactinémie, ayant comme étiologie principale un adénome à prolactine (prolactinome). Dans ces cas, un dosage plasmatique de la prolactine s'impose, suivi, en cas d'hyperprolactinémie confirmée, d'un examen neuroradiologique de la selle turcique.

Physiopathologie de l'hyperprolactinémie

Voir figure.

Prévalence de l’hyperprolactinémie

 

Prévalence

Population générale

1-1,5%

Aménorrhée ou spanioménorrhée

15-20 %

Insuffisance lutéale

22 %

Galactorrhée ou stérilité

30 %

Aménorrhée et galactorrhée

75 %

  • Chanson Ph (2000) Médecine thérapeutique, 6:494-501
  • Crosignani PG and Ferrari C (1990) Baillieres Clin Obstet Gynaecol, 4: 441-455
  • Dalkin AC and Marshall IC (1989) Endocrinol Metab Clin North Am, 18: 259-276
  • Huang K et al (1991) Obstet Gynecol, 78: 651-655

Causes physiologiques d’hyperprolactinémie

  • Grossesse
  • Allaitement
  • Post-partum jusqu'au jour 7 sans allaitement
  • Période néonatale (nouveau-né)
  • Stress (tant physique que psychologique)
  • Sommeil
  • Hypoglycémie
  • Activité sexuelle
  • Exercice physique
  • Stimulation du mamelon
  • Prise de nourriture

Causes pathologiques d’hyperprolactinémie

Troubles suprahypothalamiques ou/et hypothalamiques

  • Tumeurs
    • Craniopharyngiome
    • Gliomes
    • Granulomes
  • Pseudogestation névrotique
  • Section de la tige hypophysaire (causes traumatiques ou chirurgicales)
  • Radiothérapie

Troubles hypophysaires

  • Tumeurs
    • Adénome à prolactine
    • Adénome à ACTH
    • Adénome sécrétant de l'hGH
    • Adénome chromophobe
  • Selle turcique vide

Causes périphériques ou exogènes d'hyperprolactinémie

  • Lésions des seins et du thorax
    • Brûlures
    • Chirurgie (mastectomie, thoracotomie)
    • Herpès
    • Néoplasies de la paroi thoracique
    • Traumatismes
  • Hypothyroïdie primaire
  • Insuffisance rénale chronique
  • Cirrhose hépatique
  • Ovaires polykystiques
  • Tumeurs estrogénosécrétrices de l’ovaire
  • Sécrétion ectopique de prolactine
    • Adénocarcinome rénal
    • Cancer bronchopulmonaire
  • Causes iatrogènes pharmacologiques (action au niveau du SNC ou/et hypothalamique ou/et hypophysaire)

Causes pharmacologiques d’hyperprolactinémie

  • Analgésiques/opioïdes (blocage des récepteurs dopaminergiques)
    • Méthadone, morphine
  • Anorexigènes/sympathomimétiques (stimulation du système sérotoninergique)
    • Fenfluramine
  • Antiacnéiques/rétinoïdes
    • Isotrétinoïne
  • Antidépresseurs tétracycliques
    • Maprotiline
  • Antidépresseurs tricycliques (inhibition de la recapture de la dopamine)
    • Amitriptyline, clomipramine, désipramine, doxépine, imipramine, lofépramine, melitracène, nortriptyline, opipramol
  • Antiémétiques/antagonistes de la dopamine (blocage des récepteurs dopaminergiques)
    • Alizapride, dompéridone, métoclopramide
  • Antiépileptiques/dérivés de l'iminostilbène (ralentissement du renouvellement de la dopamine)
    • Carbamazépine
  • Antihypertenseurs
    • Méthyldopa (inhibition de la synthèse de DOPA)
    • Réserpine (déplétion hypothalamique en dopamine)
  • Gastrocinétiques/cholinergiques
    • Cisapride
  • Hormones
    • Estrogènes (antagonistes de la dopamine)
    • Protiréline (TRH) (stimulateur direct de la sécrétion de prolactine)
  • Inhibiteurs de la sécrétion gastrique/antagonistes du récepteur H2 (blocage des récepteurs de l'histamine)
    • Cimétidine
  • Neuroleptiques/antagonistes de la dopamine (blocage des récepteurs dopaminergiques)
    • Chlorpromazine, chlorprothixène, fluanisone, flupentixol, fluphénazine, halopéridol, lévomépromazine, périciazine, perphénazine, pimozide, pipotiazine, promazine, rispéridone, sulpiride, thioridazine, tiapride, zuclopenthixol
  • Stimulants (stimulation du système sérotoninergique)
    • Amphétamine
  • Tranquillisants/benzodiazépines
    • Lorazépam, oxazépam
  • Vasodilatateurs
    • Flunarizine, vérapamil

Exploration de l’hyperprolactinémie

  • Exclure:
    • une grossesse
    • une hypothyroïdie primaire (dosage de TSH)
    • une cause médicamenteuse
    • une insuffisance rénale chronique
  • Bilan hormonal
    • Dosage de la prolactine dans le sang
      • Entre 08h00 et 12h00, chez une patiente au repos allongée, sevrée de tout médicament et au moins 1 heure après la dernière consommation de nourriture.
    • Test à la TRH
      • Le matin à jeun, injection IV d’une ampoule de 250 µg de TRH. Prélèvements veineux pour le dosage de la prolactine aux temps -30, 0, 15, 30 et 60 mn.
      • Normalement le taux basal de prolactine doit être au moins multiplié par 2 à la 15e ou 30e minute.
      • Une réponse absente ou insuffisante associée à une hyperprolactinémie basale s’observe dans >80% des adénomes à prolactine.
      • Une réponse insuffisante s’observe aussi dans l’insuffisance antéhypophysaire.
  • IRM cérébrale avec injection de gadolinium

Traitement de l'hyperprolactinémie

Le traitement médical de l'hyperprolactinémie repose sur l'administration d'agonistes dopaminergiques.

Voir aussi Hyperprolactinémies.

 
Web www.gfmer.ch

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Edité par Aldo Campana,