|
Médecine
de la reproduction, endocrinologie gynécologique -
Family planning
: Guidelines, reviews
Planification familiale
Définitions
Planification familiale. Ensemble des moyens
et méthodes qui permettent de conformer a la volonté des parents le nombre
et l'espacement des naissances dans une famille.
Contraception. Ensemble des procédés par
lesquels un rapport sexuel est rendu non fécondant, et ceci de façon temporaire
et réversible.
Efficacité de la contraception. Se mesure
par la proportion dans laquelle la fécondabilité naturelle se trouve réduite
par l'emploi d'une méthode contraceptive donnée, en utilisant l'indice de
Pearl ou la méthode des tables de mortalité.
Efficacité pratique de la contraception.
Syn. Efficacité d'usage de la contraception. Liée à l'acceptabilité du procédé
et à la motivation des couples qui l'utilisent.
Efficacité théorique de la contraception.
Syn. Efficacité technique de la contraception. Implique l'utilisation d'une
méthode de contraception de manière continue suivant les instructions données.
Indice de Pearl. Mesure de
l'efficacité de la contraception, qui exprime le taux des échecs en fonction
du nombre de grossesses pour 100 années-femme à risque. Cette mesure est
proportionnelle au rapport, chez les couples contracepteurs, du nombre de
conceptions accidentelles durant une période, au nombre de mois d'exposition
au risque de concevoir durant cette période. Cet indice r s'exprime par
la formule:
Nombre de conceptions accidentelles
R= --------------------------------------------------------------- x 1200
Nombre de mois d'exposition au risque de concevoir
Taux d'échec de la contraception. Démogr.
Rapport du nombre de conceptions non désirées au nombre de mois d'exposition
des contracepteurs au risque de concevoir.
Continence périodique. Méthode contraceptive
qui se base sur l'abstinence de rapports sexuels pendant la phase fertile.
Coït interrompu. Syn. Retrait. Méthode contraceptive
qui consiste à interrompre le coït avant l'éjaculation.
Préservatif. Syn. Capote anglaise, condom,
préservatif masculin. Capuchon en caoutchouc, en plastique très souple qui
s'adapte à la verge, employé comme moyen de protection contre les maladies
sexuellement transmissibles ou comme contraceptif.
Diaphragme. Contraceptif féminin de barrière
qui consiste en un disque souple de fin latex, bombé en coupole. Il se place
en diagonale le long du vagin recouvrant la paroi supérieure et le col.
Cape cervicale. Syn. Pessaire occlusif.
Contraceptif féminin de barrière. Il s'agit d'une cupule de caoutchouc épais
qui se place sur le col utérin comme un dé à coudre sur le doigt.
Eponge contraceptive vaginale. Contraceptif
féminin qui consiste en une éponge à usage unique, imprégné d'une substance
spermicide. Elle doit être insérée dans la cavité vaginale aussi près du
col que possible avant le coït.
Dispositif intra-utérin (DIU). Syn. Stérilet.
Corps étranger placé dans l'utérus à des fins contraceptives.
Contraceptif oral. Syn. Pilule, pilule contraceptive.
Tout médicament anticonceptionnel administré par voie orale.
Contraceptif injectable. 1. Progestatif
administré par injection, à effet contraceptif prolongé. 2. Tout médicament
anticonceptionnel administré par injection.
Contraception post-coïtale. Ensemble des
moyens de régulation des naissances utilisables après un rapport non protégé
entre l’ovulation et l’implantation.
Stérilisation . Opération pratiquée soit
sur l'homme soit sur la femme et entraînant la stérilité. Suppression définitive,
accidentelle ou intentionnelle, de la capacité de procréer, par des agents
chimiques ou physiques, par l'excision des gonades, par la ligature des
trompes utérines ou des canaux déférents.
Moyens de régulation des naissances
L'utilisation des différentes méthodes contraceptives
dans le monde (1994)
| |
Couples (âge de la femme 15-49 ans)
|
Total
|
Stérilisation féminine
|
Stérilisation masculine
|
Pilule
|
DIU
|
Préservatif
|
Injectables, diaphragme, spermicides
|
Autres méthodes
|
| Monde |
899
|
57
|
17
|
5
|
8
|
12
|
5
|
2
|
8
|
| Pays sous-développés |
710
|
53
|
20
|
5
|
6
|
14
|
3
|
1
|
5
|
| Afrique |
97
|
18
|
1
|
0.1
|
6
|
4
|
1
|
2
|
4
|
| Asie et Océanie |
545
|
58
|
23
|
6
|
4
|
16
|
3
|
1
|
5
|
| - Asie orientale |
236
|
79
|
33
|
10
|
3
|
31
|
2
|
0
|
1
|
| - Autres pays |
309
|
42
|
15
|
4
|
5
|
5
|
4
|
2
|
7
|
| Amérique latine |
67
|
58
|
21
|
1
|
16
|
7
|
2
|
2
|
9
|
| Pays développés |
189
|
72
|
8
|
4
|
16
|
6
|
14
|
2
|
22
|
Choix des contraceptifs
- Efficacité
- Efficacité théorique: utilisation parfaite de la méthode
- Efficacité observée
- Innocuité
- Réversibilité
- Acceptabilité et facilité d'emploi
- Coût au sens large
Méthodes de planification familiale
Méthodes de planification familiale actuellement
non disponibles en Suisse ou au stade de recherche
| A. CONTRACEPTION |
| 1. Abstinence périodique |
|
| 2. Contraception hormonale féminine |
- Estroprogestatifs en injections mensuelles
|
| 4. Contraception hormonale masculine |
- Androgènes injectables
- Androgènes + progestatifs injectables
- Analogues du GnRH + androgènes injectables
|
| 5. Contraception immunologique |
- Vaccin anti-sperme
- Vaccin anti-zone pellucide
|
| B. CONTRACEPTION POST-COITALE |
| 1. Méthodes hormonales |
- Mifépristone (indication non reconnue en Suisse)
|
| 2. Méthodes immunologiques |
- Vaccin anti-hCG
- Vaccin anti-trophoblaste
|
Efficacité des contraceptifs: taux d'échec pendant
la première année d'utilisation
| Méthode |
Efficacité théorique
|
Efficacité observée
|
Taux le plus bas dans la littérature
|
| Aucune contraception |
85-89
|
85-89
|
|
| Spermicides |
3
|
21-30
|
0
|
| Abstinence périodique |
2-9
|
19-20
|
2
|
| Retrait |
4
|
18-24
|
7
|
| Cape cervicale |
5-6
|
18
|
8
|
| Diaphragme |
3-6
|
18
|
2
|
| Préservatif |
2
|
12-16
|
4
|
| DIU |
0,8-1
|
4-6
|
0,5
|
| Pilule |
0,1
|
3-6
|
0
|
| Progestatifs injectables |
0,3
|
0,3-0,4
|
0
|
| Stérilisation féminine |
0,2
|
0,4-0,5
|
0
|
| Stérilisation masculine |
0,1
|
0,2
|
0
|
Contraception hormonale
Mécanismes d'action de la contraception hormonale
| Estroprogestatifs oraux
combinés |
1.Suppression de l'ovulation
(action des estrogènes et progestatifs):
- inhibition de la production basale de LH et FSH
- inhibition du pic de LH
2. Modification de la glaire cervicale due à la composante progestative
de la pilule
3. Modification de l'endomètre (action des estrogènes et progestatifs)
4. Action dépressive sur la stéroïdogenèse ovarienne |
| E-P oraux séquentiels
"normophasiques" |
1. Inhibition de l'ovulation |
| Micropilules progestatives |
1. Modification de la
glaire
2. Modification de l'endomètre
3. Modification de la mobilité tubaire |
| Progestatifs injectables |
1. Inhibition de l'ovulation
2. Modification de la glaire
3. Modification de l'endomètre |
| Contraception post-coïtale |
1. Inhibition ou retard
de l'ovulation
2. Modification de la glaire
3. Asynchronisme endométrial
4. Modification de la fonction lutéale |
Estrogènes et progestatifs
|
Estrogènes
|
| Dérivé de l'estradiol
naturel par adjonction d'un radical éthinyl en C 17 |
|
|
Progestatifs
|
| Dérivés de la 19-nortestostérone |
- Lynestrénol, Noréthistérone
- D-norgestrel, Lévonorgestrel
- Désogestrel, Gestodène, Norgestimate
|
| Dérivés de la 17a-hydroxyprogestérone |
- Acétate de cyprotérone
- Acétate de chlormadinone
- Acétate de médroxyprogestérone (injectable)
|
Effets secondaires des estroprogestatifs
|
Inconvénients majeurs
|
| Risque vasculaire |
Accidents thromboemboliques
périphériques
Accidents cardio-vasculaires (angor, infarctus du myocarde)
Accidents vasculaires cérébraux (thromboses veineuses, accidents
ischémiques, hémorragies sous-arachnoïdiennes) |
| Action hépato-biliaire |
Lithiase biliaire, tumeurs
hépatiques |
|
Inconvénients mineurs
|
| Prise de poids, mastodynie,
métrorragies, aménorrhée, nausée, céphalée, troubles veineux, chloasma,
modifications psychologiques |
Effets métaboliques des estroprogestatifs
|
Métabolisme lipidique: risque cardio-vasculaire
artériel (progestatifs)
|
| Estroprogestatif |
CT
|
Tg
|
HDL-C
|
LDL-C
|
| EE 50 µg + Noréthistérone |
↑
|
↑
|
0
|
↑0
|
| EE 50 µg + Norgestrel |
↑
|
↑
|
↓↓
|
↑↑
|
| EE 30 µg + Noréthistérone |
0
|
↑
|
0
|
↑0
|
| EE 30 µg + Lévonorgestrel |
0
|
↑0
|
↓
|
↑0
|
| EE 30 µg + Désogestrel ou Gestodène |
0
|
↑
|
↑
|
0
|
|
Facteurs de coagulation: risque thromboembolique
(EE)
|
| EE |
Tendance à l'hyperagrégabilité
plaquettaire, augmentation des facteurs VII et X, diminution de
l'antithrombine III |
| Progestatifs |
Pas de modification des
facteurs de coagulation |
|
Métabolisme glucidique: risque diabétogène (EP)
|
| EE/Norgestrel |
Détérioration de la tolérance
glucosée, insulinorésistance, hyperinsulinisme |
|
Système rénine-angiotensine et balance hydrosodée:
risque d'hypertension artérielle (EP)
|
| EE |
Augmentation de l'angiotensinogène,
de l'activité rénine, de l'angiotensine II (vasoconstriction) et
de l'aldostérone (rétention hydrosodée, expansion volémique) |
| Noréthistérone |
Augmentation de l'angiotensinogène,
effet antinatriurétique |
| Dérivés de la 17alpha-OH-P |
Dénués de toute activité
diurétique |
Effets secondaires de la pilule et possibilités de correction
| |
EE
|
P
|
|
| Comportement du cycle |
+
|
-
|
aménorrhée** |
|
-
|
+
|
dysménorrhée |
|
=-
|
+
|
hyperménorrhée |
|
+
|
=-
|
hypoménorrhée |
|
-
|
+
|
ménorragie |
|
-
|
-
|
règles plus courtes |
|
=
|
+
|
règles prolongées |
|
+
|
=+
|
règles retardées |
|
+
|
=
|
saignements intermenstruels, spottings:
1ère moitié du cycle |
|
=
|
+
|
saignements intermenstruels, spottings:
2e moitié du cycle |
| Peau/Cheveux |
+
|
-
|
acné* |
|
=
|
-
|
chute de cheveux |
|
+
|
-
|
hirsutisme* |
|
+
|
-
|
séborrhée* |
| Estomac/Intestin
|
=
|
-
|
appétit accru |
|
-
|
-
|
constipation |
|
-
|
-
|
nausées, vomissements |
|
+
|
-
|
troubles gastro-intestinaux |
| Troubles psychiques et
physiques |
+
|
-
|
bouffées de chaleur |
|
=+
|
-
|
dépression |
|
+
|
-
|
fatigue |
|
-
|
=
|
irritabilité, nervosité |
|
-
|
-
|
vertiges |
| Organes génitaux |
+
|
=-
|
dyspareunie |
|
-
|
+
|
endométriose |
|
=
|
+
|
libido augmentée |
|
=+
|
-
|
libido diminuée |
|
-
|
+
|
mastodynie, mastopathie |
|
-
|
+
|
myome |
|
=+
|
-
|
sécheresse vaginale |
|
+
|
=
|
vaginite à candida |
| Autre |
+
|
+
|
amaigrissement |
|
-
|
-
|
céphalées |
|
-
|
-
|
crampes ou douleurs dans les jambes |
| |
|
hypertension** |
|
-
|
-
|
migraines** |
|
-
|
=
|
œdèmes |
|
-
|
-
|
prise de poids (lente)* |
|
-
|
=
|
prise de poids (œdème) |
| |
|
prurit généralisé** |
|
-
|
-
|
troubles variqueux |
| |
|
troubles visuels** |
|
-
|
-
|
varices ramifiées superficielles |
* progestatifs avec activité antiandrogénique
** revoir thérapie, év. Interruption
Interruption immédiate de la pilule
- Grossesse confirmée ou suspectée.
- Maux de tête apparaissant pour la première fois en présentant un
caractère de migraine ou se manifestant de façon répétée avec une intensité
inhabituelle.
- Troubles soudains de la perception (p. ex. troubles visuels, troubles
auditifs).
- Premiers signes d'une thrombophlébite ou d'un processus thromboembolique
(p. ex. douleurs inhabituelles dans les jambes ou gonflement de celles-ci,
douleurs lancinantes déclenchées par la respiration ou toux de genèse
incertaine).
- Crises épileptiques ou augmentation de leur fréquence.
- Survenue d'un ictère, d'une hépatite, d'un prurit généralisé.
- Forte élévation de la tension artérielle (³
160/³ 100).
- Croissance manifeste d'un myome.
- Résultats anormaux dans les tests de fonctions hépatiques, jaunisse.
Hépatomégalie laissant suspecter une tumeur du foie.
- Immobilisation prolongée à la suite d'un accident ou avant une intervention
chirurgicale comportant un alitement prolongé (6 semaines avant l'opération).
Contre-indications aux estroprogestatifs
- Contre-indications absolues aux estroprogestatifs
- Grossesse confirmée ou suspectée
- Allaitement (6 premières semaines post-partum)
- Thrombophlébites, antécédents ou existence de maladies thromboemboliques.
Carence en antithrombine III. Antécédents d'épisodes de thromboses
familiales, patiente porteuse de l'anomalie biologique responsable
des thromboses
- Toutes les affections exposant aux thromboses: cardiopathies
thrombogènes, hémoglobinopathies (drépanocytose)
- Antécédents ou existence d'affections cérébrovasculaires et
sclérose des coronaires (infarctus du myocarde)
- Accident vasculaire cérébral ou oculaire
- Fumeuses de plus de 35 ans
- Hypertension artérielle sévère (³
160/³ 100)
- Insuffisance rénale chronique
- Hyperlipidémies
- Diabète sévère
- Antécédents de cholestase intrahépatique gravidique
- Hyperbilirrubinémies familiales: maladie de Dubin-Johnson, syndrome
de Rotor
- Hépatite virale aiguë en évolution
- Affections hépatiques sévères
- Troubles de la cholérèse, stase biliaire
- Otosclérose
- Connectivites
- Porphyries
- Cancer du sein ou cancer de l'endomètre, confirmés ou suspectés;
autres néoplasmes estrogéno-dépendants
- Hyperplasie de l'endomètre
- Hémorragies génitales non diagnostiquées
- Contre-indications relatives aux estroprogestatifs
- Age au-delà de 40 ans (exception: femmes en bonne santé et ne
fumant pas)
- Allaitement (6 semaines à 6 mois post-partum)
- Post-partum sans allaitement (3 premières semaines)
- Risque familial accru d'affections cardio-vasculaires, de diabète
sucré ou d'hyperlipidémie
- Obésité (excès de poids >20%)
- Diabète sucré de type I
- Fumeuses entre 30 et 35 ans
- Perturbations lipidiques modérées
- Varices importantes
- Fibromes utérins
- Thérapeutiques associées pouvant altérer l'efficacité de la
pilule (rifampicine, antiépileptiques, ampicilline, néomycine, tétracyclines,
nitrofurantoïne, etc.) ou augmenter sa toxicité (antidépresseurs,
méthyldopa, troléandomycine)
- Epilepsie
- Migraines et céphalées non étiquetées
- Dysplasies cervicales
Effets bénéfiques des estroprogestatifs
- Troubles menstruels:
- dysménorrhée
- hyperménorrhée, ménorragie
- troubles du rythme menstruel
- Salpingites, grossesses extra-utérines
- Anémie ferriprive
- Mastopathies bénignes
- Kystes fonctionnels de l'ovaire
- Cancer de l'ovaire
- Cancer de l'endomètre
- Hyperandrogénie
- Polyarthrite rhumatoïde
Comment prescrire une pilule estroprogestative
Première consultation
Avant de prescrire une pilule estroprogestative (EP), on obtiendra une anamnèse
détaillée en insistant particulièrement sur les points suivants:
- antécédents personnels et familiaux
- caractéristiques menstruelles de la patiente
- sensibilité hormonale de la patiente (usage précédent d'EP, etc.)
- habitudes (tabagisme, médications, etc.)
L'examen physique comprendra:
- la mesure du poids et de la tension artérielle
- l'inspection et la palpation des seins
- la palpation de l'hypochondre droit ( recherche d'une affection
hépatique)
- un examen génital (spéculum + TV)
- la palpation de la thyroïde
- l'examen des membres inférieurs ( recherche de varices, d'oedèmes)
On pratiquera les examens de laboratoire suivants:
| chez toutes les patientes |
frottis de dépistage
(Papanicolaou) |
| chez les adolescentes |
frottis cervical pour
chlamydiae |
| chez les patientes de
³ 35 ans |
mammographie |
| chez les patientes de
³ 40 ans, ou celles ayant une anamnèse
familiale de maladies cardiovasculaires |
cholestérol total, HDL,
LDL, triglycérides
glycémie à jeun ou mieux 2h postprandiale |
Surveillance
On effectuera un premier contrôle 3 mois après le début de la pilule
EP. On fera alors un examen physique complet avec mesure du poids et de
la tension artérielle. Chez les femmes de ³40
ans ou celle ayant une anamnèse familiale de maladies cardio-vasculaires,
on répétera le profile lipidique et la glycémie postprandiale.
Après ce premier contrôle, les adolescentes et les femmes en périménopause
seront revues tous les 6 mois, les autres patientes une fois par année.
Comment choisir une pilule estroprogestative
Idéalement, on devrait s'efforcer de prescrire une pilule contenant
£ 35 µg d'EE et l'équivalent de 0,5 mg de noréthistérone.
Une dose d'estrogène supérieure à 35 µg augmente potentiellement le risque
thromboembolique. Une dose de progestatif équivalente à 1 mg de noréthistérone,
0,3 mg de norgestrel ou 0,15 mg de lévonorgestrel peut causer un changement
significatif des taux de lipides et d'insuline qui peuvent favoriser le
développement d'artériosclérose.
Si l'on choisit une pilule multiphasique, la dose totale de progestatif
ne doit pas dépasser celle contenue dans une pilule combinée classique.
Dans l'ensemble, les pilules triphasiques contiennent moins de progestatif
et occasionnent donc moins de modifications métaboliques.
Stérilet (DIU)
Mécanismes d’action des DIU
Les dispositifs intra-utérins comptent de multiples
mécanismes d’action. Le principal mécanisme d’action de tous les DIU semble
être la prévention de la fertilisation. Même si une fertilisation se produit,
les DIU semblent également avoir des effets post-fertilisation, dont l’inhibition
potentielle de l’implantation.
Les DIU contenant du cuivre consistent en une tige verticale sur laquelle
s’enroule un fil de cuivre à âme d’argent. La présence d’un corps étranger
et de cuivre dans la cavité endométriale entraîne des modifications biochimiques
et morphologiques au niveau de l’endomètre. Ces modifications nuisent au
transport des spermatozoïdes, ce qui veut donc dire que la fertilisation
ne se produit que rarement. Les ions de cuivre ont également un effet direct
sur la motilité des spermatozoïdes, ce qui affecte la capacité de ces derniers
de pénétrer la glaire cervicale. L’ovulation n’est pas affectée par le DIU
de cuivre.
Le système intra-utérin à libération de lévonorgestrel consiste en un petit
dispositif de polyéthylène en forme de «T » comportant, dans sa composante
verticale, un réservoir cylindrique contenant du lévonorgestrel. Ce réservoir
libère lentement son contenu au travers d’une membrane limitant le débit
d’hormone. Le DIU-LNG ne suscite qu’une faible réaction de type « corps
étranger » et entraîne diverses modifications endométriales, dont la décidualisation
de l’endomètre et l’atrophie glandulaire. Les récepteurs endométriaux des
oestrogènes et de la progestérone sont inhibés. La glaire cervicale s’épaissit,
créant ainsi une barrière à la pénétration des spermatozoïdes. L’ovulation
peut même se trouver inhibée chez certaines femmes.
Source :
Consensus canadien sur la contraception. Deuxième partie. 2004.
Contre-indications aux DIU
| État / caractéristiques |
Cu |
LNG |
Observations |
| Grossesse |
4 |
4 |
|
| Postpartum <48 heures |
2 |
3 |
Risque accru d'expulsion du DIU
en cas d'insertion dans les 48 heures suivant l'accouchement.
On manque de données concernant les effets locaux des DIU-LNG sur
l'involution utérine. En ce qui concerne l'exposition du nouveau-né
aux hormones stéroïdiennes au cours des 6 premières semaines du
post-partum, les craintes théoriques sont les mêmes que pour les
progestatifs seuls (PS). |
| 48 heures à <4 semaines |
3 |
3 |
Risque accru de perforation en
cas d'insertion du DIU au bout de 48 heures et jusqu'à 4 semaines
après l'accouchement. |
| Infection puerpérale |
4 |
4 |
L'insertion d'un DIU peut sensiblement
aggraver l'infection. |
| Immédiatement après un avortement
septique |
4 |
4 |
L'insertion d'un DIU risque d'aggraver
considérablement l'infection. |
| Cavité utérine déformée (toute
anomalie utérine congénitale ou acquise entraînant une déformation
de la cavité utérine de telle sorte qu'il est impossible d'y insérer
un DIU) |
4 |
4 |
En présence d'une anomalie anatomique
qui entraîne une déformation de la cavité utérine, il est parfois
impossible d'insérer correctement un DIU. |
| Thrombo-embolie veineuse profonde
/ embolie pulmonaire actuelle |
1 |
3 |
|
| Cardiopathie ischémique actuelle
et antécédents de cardiopathie ischémique |
1 |
2A
3P |
Le LNG peut abaisser les concentrations
d'HDL. |
| Céphalées avec symptômes neurologiques
focaux |
1 |
2A
3P |
|
| Saignements vaginaux inexpliqués
(avant évaluation) |
4A
2P |
4A
2P |
En cas de grossesse ou de pathologie
sous-jacente (par exemple une tumeur maligne génitale), il faut
procéder à une évaluation avant de définir la catégorie. Il est
inutile de retirer le DIU avant l'examen. |
| Maladie trophoblastique gestationnelle
bénigne |
3 |
3 |
|
| Maladie trophoblastique gestationnelle
maligne |
4 |
4 |
Risque accru de perforation dans
la mesure où le traitement de cette pathologie exige de multiples
curetages utérins. |
| Cancer du col utérin (avant traitement) |
4A
2P |
4A
2P |
On peut craindre un risque accru
d'infection et d'hémorragie au moment de l'insertion, ce qui peut
aggraver la pathologie. Il faudra vraisemblablement retirer le DIU
au moment du traitement, mais dans l'intervalle, la femme doit le
conserver s'il y a risque de grossesse. |
| Cancer du sein actuel |
1 |
4 |
Le cancer du sein est une tumeur
hormonodépendante. Les craintes relatives à l'évolution de la maladie
sont moins prononcées dans le cas des DIU-LNG que dans celui des
COC ou des PS fortement dosés. |
| Cancer du sein
en rémission depuis 5 ans |
1 |
3 |
|
| Cancer de l'endomètre |
4A
2P |
4A
2P |
On peut craindre un risque accru
d'infection, de perforation et d'hémorragie au moment de l'insertion,
ce qui peut aggraver la maladie. Il faudra vraisemblablement retirer
le DIU au moment du traitement, mais dans l'intervalle, la femme
doit le conserver s'il y a risque de grossesse. |
| Cancer de l'ovaire |
3A
2P |
3A
2P |
Il faudra vraisemblablement retirer
le DIU au moment du traitement mais dans l'intervalle, la femme
doit le conserver s'il y a risque de grossesse. |
| Fibromes utérins avec déformation
de la cavité utérine |
4 |
4 |
Des fibromes utérins préexistants
qui entraînent une déformation de la cavité utérine peuvent empêcher
l'insertion d'un DIU. |
| Infection génitale haute (IGH)
présente actuellement |
4A
2P |
4A
2P |
On craint fortement que les DIU
aggravent une IGH existante. Une IGH récente est un facteur de risque
important d'IGH ultérieure. L'utilisation continue d'un DIU est
conditionnée par les facteurs de risque d'IST et d'IGH présentés
actuellement par la cliente et par le choix éclairé de cette dernière. |
| Cervicite purulente, infection
à chlamydia ou gonorrhée présentes actuellement
|
4A
2P |
4A
2P |
On peut sérieusement craindre
que les DIU augmentent les risques d'IGH chez les femmes qui présentent
actuellement une IST, ou qui sont des sujets à haut risque.
L'utilisation continue d'un DIU est conditionnée
par les facteurs de risque d'IST et d'IGH présentés actuellement
par la cliente et par le choix éclairé de cette dernière. |
| Risque accru d'IST (par ex. partenaires
multiples ou partenaire ayant des partenaires multiples) |
3A
2P |
3A
2P |
|
| SIDA |
3A
2P |
3A
2P |
|
| Tuberculose génito-urinaire avérée |
4A
3P |
4A
3P |
L'insertion d'un DIU risque d'aggraver
considérablement la maladie. |
| Hépatite virale évolutive |
1 |
3 |
Il existe une inquiétude quant
à la charge hormonale associée à l'utilisation du DIU-LNG en cas
d'hépatite évolutive, mais le risque est moindre qu'avec les COC. |
| Cirrhose grave (décompensée) |
1 |
3 |
Il existe une inquiétude quant
à la charge hormonale associée à l'utilisation des DIU-LNG en cas
de maladie hépatique évolutive, mais le risque est moindre qu'avec
les COC. |
| Tumeur hépatique |
1 |
3 |
Les progestatifs sont métabolisés
par le foie mais leur utilisation pourrait avoir des conséquences
indésirables chez les femmes dont la fonction hépatique est altérée.
En outre, ils risquent de favoriser la prolifération des tumeurs.
Le risque est le même qu'avec les COC, mais à un degré moindre. |
Cu = DIU au cuivre; LNG = DIU à diffusion de lévonorgestrel
Avec évaluation clinique
1 = Utiliser la méthode en toutes circonstances
2 = D'une manière générale utiliser la méthode
3 = L'emploi de la méthode n'est habituellement pas recommandé, à moins
que des méthodes plus indiquées ne soient pas disponibles ni acceptables
4 = Méthode à proscrire
Avec évaluation clinique limitée
1 = Oui (Utiliser la méthode)
2 = Oui (Utiliser la méthode)
3 = Non (Ne pas utiliser la méthode)
4 = Non (Ne pas utiliser la méthode)
A = Adoption; P = Poursuite
Sources :
Medical eligibility criteria for contraceptive use. WHO 2004.
Complications des DIU
- Perforation de l'utérus: 0,6-3,4‰
- Expulsion: 0,7-8,0%
- Douleurs pelviennes: 1,4-14,2%
- Saignements utérins: augmentation de la quantité et durée des saignements
(50 à 70%)
- Infections génitales (endométrite, annexite, pelvipéritonite): 2%
Risques
1. Perforation utérine
La perforation utérine est une complication rarement constatée à la suite
de l’insertion d’un DIU (taux : de 0,6 à 1,6 par 1 000 insertions). Toutes
les perforations utérines, partielles ou complètes, surviennent ou débutent
au moment de l’insertion d’un DIU. Parmi les facteurs de risque de perforation,
on trouve l’insertion post-partum, un intervenant débutant et un utérus
qui est immobile, extrêmement antéverti ou extrêmement rétroverti.
2. Infection
La présence de vices méthodologiques au sein des premières recherches
observationnelles a entraîné une exagération des risques d’infection pelvienne
associés à l’utilisation de DIU. Les résultats d’études de cohorte35, d’études
cas-témoin36 et d’essais comparatifs randomisés37 de grande envergure indiquent
que les risques de présenter quelque infection des voies génitales que ce
soit, à la suite du premier mois d’utilisation d’un DIU, sont faibles. Il
semble y avoir une relation inverse entre le risque d’infection et le temps
écoulé depuis l’insertion d’un DIU. Les données de la Women’s Health Study
indiquent que le risque relatif d’infection pelvienne est de 3,8, au cours
du premier mois à la suite de l’insertion, et qu’il atteint le niveau de
base après quatre
mois36. Les recherches menées par l’Organisation mondiale de la santé ont
révélé que le risque atteignait son maximum au cours des 20 premiers jours
à la suite de l’insertion. Bien que l’insertion d’un DIU expose la cavité
endométriale à des bactéries, celle-ci devient stérile peu de temps après.
C’est bien l’exposition aux ITS, et non le recours à un DIU en tant que
tel, qui est responsable des infection pelviennes qui surviennent à la
suite du premier mois d’utilisation. Nous ne savons toujours pas si le risque
d’infection pelvienne est réduit chez les utilisatrices de SIU-LNG, par
comparaison avec les utilisatrices de DIU de cuivre. Les utilisatrices de
DIU devraient continuer à utiliser des condoms aux fins de la protection
contre les ITS.
3. Expulsion
L’expulsion du DIU survient le plus souvent au cours de la première année
d’utilisation (chez 2–10 % des utilisatrices). Le taux d’expulsion cumulatif
sur cinq ans est de 6,7 %, dans le cas du DIU de cuivre, et de 5,8 %, dans
le cas du SIU-LNG. Par les facteurs de risque d’expulsion, on trouve l’insertion
immédiatement après l’accouchement, la nulliparité et l’expulsion précédente
d’un DIU40. Une femme qui a déjà connu l’expulsion d’un DIU court un risque
d’expulser à nouveau un autre DIU de l’ordre de 30 %.
4. Echec
Lorsqu’une femme tombe enceinte en présence d’un DIU in situ, la possibilité
d’une grossesse ectopique doit alors être écartée.
Le risque d’avortement spontané est accru chez les femmes qui poursuivent
leur grossesse en présence d’un DIU. L’étude Family Planning Research Network
britannique a révélé que 75% des grossesses se trouvaient avortées lorsqu’un
DIU de cuivre était maintenu in situ, alors que le retrait précoce du DIU
éliminait pratiquement tout risque d’avortement septique. Dans les cas où
le DIU a été retiré, 89 % des femmes ont connu une naissance vivante, par
comparaison avec 25 % des femmes chez lesquelles la présence du DIU avait
été maintenue. Bien que le risque d’avortement spontané semble se normaliser
à la suite du retrait du DIU, le risque d’accouchement prématuré demeure
élevé.
Source :
Consensus canadien sur la contraception. Deuxième partie. 2004.
Méthodes de contraception post-coïtale
| Méthode et posologie |
Délai d'utilisation |
|
LNG à 0,75 mg en une prise à répéter 12 h plus tard |
Dans les 72 h suivant
le rapport sexuel non protégé |
|
EE 0,1 mg + LNG 0,5 mg en une prise à répéter 12 h plus tard
(méthode de Yuzpe) |
Dans les 48 h suivant
le rapport sexuel non protégé |
| DIU post-coïtal |
Dans les 6 à 7 j suivant
le rapport sexuel non protégé |
|
Mifépristone 10 à 600 mg en une seule prise (indication non
reconnue en Suisse) |
Dans les 72 h suivant
le rapport sexuel non protégé |
Efficacité de la contraception post-coïtale
Voir Emergency
Contraception An overview of recent results from research conducted by HRP-WHO
- E. EzcurraEffets secondaires de la contraception
post-coïtale
| Symptômes* |
Mifépristone (N=347)
|
Estroprogestatifs (N=346)
|
P
|
| Absence de symptômes |
132 (38%)
|
45 (13%)
|
<0.001
|
| Nausée |
137 (40%)
|
207 (60%)
|
<0.002
|
| Vomissement |
9 (3%)
|
59 (17%)
|
<0.001
|
| Migraine |
170 (49%)
|
242 (70%)
|
<0.001
|
| Mastodynie |
94 (27%)
|
158 (46%)
|
<0.001
|
*Glasier A et al (1992) N Engl J Med 327:1041.
Pourquoi l'observance est-elle un problème?
- Développement émotionnel décalé par rapport au développement biologique
et sexuel
- Rapports sexuels rares et non planifiés (donnant l'impression que
le risque de grossesse est faible)
- Comportement à risque, se croyant "invulnérable"
- Difficulté d'obtenir une contraception
La pilule EP est le meilleur moyen de contraception chez l'adolescente.
Elle permet en effet une spontanéité lors des rapports sexuels qui facilite
l'observance. De plus, il y a relativement peu de contre-indications aux
EP à cet âge. Toutefois, le taux d'échec de la pilule EP est plus élevé
dans ce groupe (4-6%). Ceci s'explique tant par des problèmes d'observance
que par un taux de fertilité plus élevé. Ce taux reste cependant nettement
inférieur à celui des autres méthodes (contraception mécanique, etc.).
Il faut éviter de prescrire la pilule à une très jeune fille chez qui la
croissance n'est pas terminée, en raison de l'accélération de la fermeture
des cartilages de conjugaison par les estrogènes. En dehors de cette rare
circonstance, la pilule EP peut être prescrite en toute sécurité aux adolescentes.
Contrairement à une opinion trop répandue, les EP n'ont pas d'effet délétère
sur l'axe hypothalamo-hypophysaire à cet âge.
Chez les jeunes filles à risque élevé de MST (>1 partenaire, antécédents
de MST), il faut conseiller l'usage de préservatif en plus de la pilule.
Le préservatif seul n'est pas un bon moyen de contraception chez l'adolescente
(taux d'échec 20% chez les moins de 22 ans!). Vu la fréquente instabilité
de la vie sexuelle dans ce groupe, il est recommandé d'effectuer des frottis
de col à la recherche de chlamydia et de gonocoques lors de la première
visite.
Le DIU est à proscrire chez l'adolescente en raison du risque infectieux
et d'une moins bonne tolérance (douleurs, métrorragies, expulsion plus fréquentes).
Choix de la contraception chez l'adolescente
| * |
Pilule
|
Minipilule
|
Progestatifs injectables
|
Stérilet
|
Diaphragme
|
Préservatif
|
| Motivation exigée |
+++
|
++++
|
+
|
0
|
++++
|
++
|
| Rapports épisodiques |
0
|
0
|
0
|
+
|
+
|
+
|
| Rapports fréquents |
++++
|
+++
|
++++
|
+++
|
+/-
|
+
|
| Effets secondaires |
++
|
+++
|
+++
|
+++
|
0
|
0
|
| Protection MST |
+
|
0
|
0
|
-
|
+++
|
++++
|
| Coopération masculine |
0
|
0
|
0
|
0
|
+/-
|
++++
|
| Secret |
Difficile
|
Difficile
|
Facile
|
Facile
|
Difficile
|
Possible
|
* adapté de: Strasburger VC (1990) Basic Adolescent Gynecology. Urban
& Schwarzenberg.
Voir aussi
Le contrôle
de fertilité chez les adolescents

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Edité par Aldo Campana,
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