|
Albert Kokos - Phytothérapie
Practical advice for feminine care - Albert Kokos
Conseils pratiques
pour l'hygiène intime féminine
Dr. Albert Kokos
Préambule
La région ano-génitale a la particularité
d’être un lieu de communication entre le monde environnant et les organes
internes, à savoir l’appareil urinaire, digestif et génital, de part la
présence de l’abouchement de ces conduits naturels dans cette région, (urètre,
anus, vagin).
Le corps a ses propres moyens de défenses
naturels (exp. la flore vaginale normale du bacille de Döderlein), encore
faut-il qu’il ne soit débordé par la création de conditions défavorables,
soit par défaut, soit par excès d’hygiène locale.
C’est surtout la malpropreté (défaut
d’hygiène) de la région ano-génitale, associé à la transpiration, la macération,
les micro-traumatismes, l’apport de germes ou de virus, voire " l’excès
de propreté ", qui créent les conditions favorables à l’éclosion de certaines
pathologies nuisibles à sa santé, son bien-être et ses relations intimes
(des sécrétions malodorantes peuvent entraîner la répulsion du partenaire,
certaines affections peuvent lui être transmises).
Habitudes vestimentaires (vêtements, sous-vêtements)
-
Eviter le port prolongé de vêtements serrés (jeans
serrés) ou de collants, qui favorisent les micro-traumatismes par le
frottement, la transpiration persistante favorisant une humidité prolongée
et la macération.
-
Porter des sous-vêtements (slips, culottes) en coton
et non en synthétique, nylon, qui favorisent la macération.
-
Eviter le port de sous-vêtements favorisant les frottements
(micro-traumatismes) répétitifs (p. ex. string).
-
Laver les sous-vêtements à 60° et plus et bien séparément
des autres vêtements (température conseillée pour détruire d’éventuelles
formes de résistances des champignons, les chlamydospores, à l’origine
des mycoses).
-
Ne pas rester longtemps avec des maillots de bains
humides à même le corps, veiller à les sécher rapidement ou à les échanger
contre un sous-vêtement ou maillot sec (humidité, macération favorisant
les mycoses).
-
Ne jamais échanger ou utiliser une serviette de toilette,
éponge, linge, maillot de bains, sous-vêtement utilisé par autrui, dont
on est pas certain de la propreté rigoureuse.
-
Changer les sous-vêtements pour des sous-vêtements
propres, au moins une fois par jour ou plus en cas de transpiration
excessive (après effort physique, en cas de conditions atmosphériques
de chaleur, humidité).
-
Lavage des sous-vêtements avec une lessive adaptée
(évictions de produits allergisants, agressifs, décapants).
-
Ne pas laisser traîner les sous-vêtements sur le sol
et les porter ensuite.
Comportement
-
Avoir les mains propres, lavage au savon, avant de
toucher la région ano-génitale (les siennes comme celles du partenaire).
-
Ne pas toucher poignées, abattants des W-C publiques
et même chez soi, avec la main utilisée pour l’hygiène locale (risques
infectieux : herpès, condylomes, autres germes).
-
Ne pas s’asseoir sur l’abattant d’un W-C utilisé par
autrui sans avoir pris la précaution de désinfecter ou de poser un système
de protection intercalaire.
-
Après avoir uriné, possibilité d’assécher localement
la vulve avec un tissu ou papier tissu doux (Kleenex) propre, toujours
avec un geste d’avant en arrière par tamponnement ou essuyage doux,
en suivant les replis intimes (région du méat urinaire et des petites
lèvres puis les sillons entre les petites et les grandes lèvres).
-
Après défécation essuyer la marge anale et l’anus
avec ses plis radiés correctement d’avant en arrière, sans gestes intempestifs,
risquants l’apport de matière fécale vers la vulve et le vagin (risque
d’apport de matière corrosive et ensemencement de germes, tels Escherichia
Coli).
-
Si rasage des poils pubiens décidé, laver la vulve
en premier avec un savon adapté, désinfecter localement avec un produit
adéquat (p. ex. Chlorexidine aqueuse), pratiquer le rasage avec douceur
puis désinfecter à nouveau avec le produit antiseptique avant de remettre
un sous-vêtement propre, (éviction du risque de folliculite locale).
Eviter les crèmes épilatoires irritantes.
-
Eviter le piercing dans cette région et si l’on décide
de le faire, le pratiquer dans des conditions d’asepsie rigoureuse.
Bains, bains de siège, douches, bidets
Fréquence, durée
-
Une toilette complète par jour ou plus, si transpiration
excessive par temps de chaleur ou par suite d’effort physique, est recommandée.
-
Préférer la douche.
-
Bain quotidien : oui, mais se limiter à moins de 20
minutes, qui ramollit les tissus et déshydrate la peau, et bien se rincer
ensuite.
-
L’eau calcaire, les savonnages répétitifs et trop
violent (frénétiques) altèrent le film protecteur de l’épiderme, la
peau se dessèche, devient rugueuse, sensible.
-
Séchage toujours avec un linge propre ou au sèche
cheveux à chaleur douce.
-
Nettoyage doux de la région clitoridienne, en décalottant
avec douceur le capuchon clitoridien.
Produit
-
Ne pas utiliser n’importe quels produits, notamment
trop décapant ou des produits antiseptiques quelconques, sans raison
ou avis médical.
-
Utiliser des pains, crèmes, huiles adaptées à la physiologie
féminine à pH neutre (pH 7), ne perturbant pas l’acidité naturelle. Préférer
le savon de Marseille, sans colorant, des pains dermatologiques sans
savon, ou des produits conseillés par votre médecin ou pharmacien (bains
moussant avec produits enrichis en agents adoucissants et hydratants
et se rincer soigneusement ensuite).
-
Ne pas exagérer avec des bains additionnés en huiles
essentielles sans conseils avisés et dosage adéquat.
-
Certains déodorants sont particulièrement agressifs,
provocant rougeurs, démangeaisons, inflammation, allergies. Les éviter
pour masquer des effluves désagréables nécessitant plutôt un conseil
médical (cas de certaines vaginoses).
-
Eviter les "caches misères".
Douches vaginales, irrigation vaginales
Oui à la rigueur une fois après les
règles et uniquement avec de l’eau claire sans additionner d’autres produits
pour ne pas perturber l’écosystème local de défense (sauf avis médical différent).
Des ablutions externes à l’eau et au
savon adaptés à l’hygiène féminine avec exploration digitale, mains propres,
remplacent avantageusement les injections vaginales.
Eviter l’usage fréquent, régulier de
la douche vaginale ou de l’irrigation vaginale à l’aide d’une poire gynécologique,
car le milieu vaginal assure lui-même sa protection (sauf avis médical différent).
Pendant les règles
-
Changer les serviettes hygiéniques ou tampons hygiéniques
régulièrement sur les 24 heures en fonction du flux.
-
Faire une toilette minutieuse. Bains et douches externes
ne sont pas contre-indiqués, bien au contraire, selon les modalités
précitées.
-
Eviter les rapports sexuels à ce moment (milieu plus
propice à contracter des germes, augmentation du risque d’ascension
des germes vers le haut appareil génital).
-
Changer les protèges slips, s’ils sont humides aussi
fréquemment que nécessaire dans la journée, car la pellicule plastifiée
empêche l’aération et favorise humidité et macération.
Rapports sexuels
-
Eviter les rapports sexuels pendant les règles (risques
d’ascension de germes).
-
Lavage externe à l’eau et au savon approprié de la
région génitale est recommandé avant et après les rapports sexuels.
-
S’assurer de la bonne hygiène du partenaire avant
chaque rapport sexuel (lavage des mains et du sexe) et utiliser un préservatif
au moindre doute, même si l’on utilise un autre mode contraceptif.
-
Se méfier de certaines pratiques sexuelles qui lèsent
les muqueuses fragiles de la région ano-génitale, facilitant l’inoculation
et ou la propagation des germes, de même que le contact avec certaines
lésions à risques de contagion (vésicule herpétique, condylome) du partenaire.
-
Eviter les rapports sexuels anaux puis vaginaux sans
certaines précautions hygiéniques entre ceux-ci (risque d’ensemencement
patent des germes).
-
Utiliser un préservatif à chaque rapport sexuel avec
un partenaire à risque : un inconnu, partenaires multiples, présentant
une MST).
-
Uriner avant et après le rapport sexuel (but : "chasser" autant que possible des germes qui peuvent ascensionner dans l’urètre).
Consulter
-
Ne pas laisser courir une lésion, infection génitale,
sans contrôle médical. Ne pas s’automédiquer, sans avis compétent préalable.
-
Consulter, si sensations douloureuses ou brûlures
mictionnelles (en urinant) ou dysurie (difficulté d’uriner) ou écoulement
désagréable (inhabituel, irritant, malodorant...), signes inflammatoires
locaux, érythèmes (rougeurs), prurit (démangeaisons) permanent ou boutons,
ou érosion.
-
Consulter en cas d’une inflammation persistante de
la gorge suite à certains contacts (bucco-génitaux).
-
Par contre, ne pas s’inquiéter à tort des sécrétions
vaginales incolores (blanc d’œuf) et inodore surtout au milieu du cycle
qui résulte d’un processus physiologique normale de desquamations cellulaires
et de sécrétions glandulaires.
Ménopause
Discuter avec son médecin de l’opportunité
d’un traitement approprié en sus des règles d’hygiènes préconisées, à but
de restauration/amélioration des défenses locales.

Imprimer la page

Edité par Aldo Campana,
|